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avril 15, 2026

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Dans un contexte marqué par l’expansion rapide des industries extractives, le Sénégal s’engage résolument dans la maîtrise des risques liés aux matières radioactives naturelles (NORMs) dont la concentration a été renforcée par les procédés d’exploitation ou des processus industriels. C’est notamment le cas dans l’industrie des phosphates : lors du traitement du minerai par l’acide sulfurique pour la production d’engrais, les éléments radioactifs naturellement présents sont redistribués. L’uranium tend à se concentrer dans l’acide phosphorique, tandis que le radium se retrouve principalement dans les résidus solides appelés phosphogypse.

Un autre exemple concerne l’exploitation du zircon, qui présente une radioactivité naturelle liée à la présence d’uranium et de thorium dans sa structure cristalline. Cette radioactivité peut être davantage concentrée au cours des opérations de traitement des sables minéralisés.

À travers un projet ambitieux de renforcement des capacités nationales, le pays entend améliorer la surveillance et le contrôle de l’exposition radiologique du public et de l’environnement, tout en consolidant son modèle de développement durable. Porté par des institutions clés telles que l’Autorité de Radioprotection, de Sûreté et de Sécurité Nucléaires (ARSN), l’Institut de Technologie Nucléaire Appliquée (ITNA) et les ministères en charge de l’Environnement et des Mines, ce programme s’inscrit dans la continuité de l’Agenda 2050 et de la Stratégie nationale de développement 2025-2029. Ce projet est financé en grande partie par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), partenaire stratégique dans la gestion des risques radiologiques, qui apporte également un appui technique fort appréciable.

L’enjeu est de taille. Le développement des activités liées à l’exploitation des phosphates dans les régions de Thiès et Matam, du zircon à Diogo, ainsi que le démarrage de la production pétrolière offshore à Sangomar en 2024, génèrent des matières radioactives naturelles, appelées NORM (Naturally Occurring Radioactive Materials). Ces substances, présentes dans les déchets ou résidus industriels, peuvent constituer un danger pour la santé humaine et les écosystèmes si elles ne sont pas correctement gérées. Aujourd’hui, certaines pratiques, comme le stockage à ciel ouvert des déchets ou résidus solides ou le rejet d’effluents liquides en milieu marin, posent des risques réels de contamination.

Face à ces défis, le projet propose une approche globale et structurée. Il prévoit le renforcement du cadre juridique et institutionnel, la mise en place d’outils modernes de surveillance, ainsi que la formation de spécialistes capables d’évaluer et de gérer les risques radiologiques. Des programmes de sensibilisation seront également développés afin d’impliquer davantage les populations et les décideurs dans la prévention des risques.

Ce programme vise à améliorer durablement la sûreté radiologique au Sénégal. Il contribuera non seulement à protéger la santé des citoyens, mais aussi à préserver l’exploitation durable des ressources naturelles et à renforcer la crédibilité du pays sur la scène internationale en matière de gestion environnementale. Au-delà de sa dimension technique, cette initiative traduit une volonté politique forte : celle de concilier exploitation des ressources naturelles et protection de l’environnement. En investissant dans la sûreté radiologique, le Sénégal pose ainsi les bases d’un développement plus responsable, où la croissance économique s’accompagne d’une vigilance accrue pour la santé publique et la durabilité des écosystèmes.